Saint-Léger : sa vie

Léodegar ou Ludgar naquit en Austrasie sur les bords du Rhin vers l’an 615 sous le règne de Clotaire II. Celui-ci reçut son éducation à l’école du palais, alors à son apogée. Plus tard il étudia à Poitiers où bientôt il reçut la dignité de diacre et ensuite celle d’archidiacre et pendant une quinzaine d’années il travailla pour le prospérité du diocèse de Poitiers. Il devint ensuite moine à l’abbaye de Saint- Maixent en 650, où bientôt il fut élu abbé.

Après la mort de l’évêque d’Autun, Léodegar fut appelé à lui succéder. C’est ainsi qu’il devint à son tour évêque. Après l’avènement de Childéric II, Léodegar, protesta contre le mariage irrégulier de roi.

Après la mort de ce roi, il défendit les droits de l’église et se rendit à ses ennemis. Ceux-ci lui arrachèrent alors ses yeux. Un peu plus tard Ébroïn lui fit arracher sa langue, déchirer les lèvres et mutiler tout le corps et ordonna en même temps de tuer le frère de Saint-Léger.

Après ces tortures, Léodegar fut confié au monastère de Fécamp, près du Havre, où il demeura pendant deux ans et retrouva l’usage de la parole. Par la suite, Ébroïn accusa Saint-Léger d’attentat sur la vie de Childéric et le fit condamner à mort, ordonnant que son corps soit jeté au fond d’une citerne inconnue après qu’on l’eût décapité. Quatre bourreaux le menèrent donc dans une forêt et recherchèrent en vain une citerne. Trois d’entre eux se convertirent et demandèrent leur pardon, le quatrième l’exécuta, mais après que la tête du martyr fut tranchée, le corps demeura une heure entière debout.

Le bourreau frappa du pied le corps de Saint-Léger pour le faire tomber, mais prit d’un délire soudain, il se jeta lui-même dans le feu du bûcher qu’il avait préparé pour brûler le cadavre parce qu’il n’avait pas trouvé de citerne. Il y brûla tout vif. Ébroïn, l’injuste persécuteur fut abattu par ses propres soldats. Voilà la triste fin de vie de ce brave personnage. Théodoric institua un plaidoyer pour rendre les honneurs posthumes à Léodegar.

Le corps de Saint-Léger fut ramené solennellement à Poitiers. Ses reliques furent partagées et vénérées dans de nombreux diocèses et beaucoup de communes prirent son nom tant en Belgique qu’en France. Il y en a environ 73 villes différentes.