L’Ordre du Temple

Saint-Léger devint le siège d’une Commanderie de l’Ordre du Temple, qui, à l’époque était d’une importance réelle au point de vue socio-économique. La commanderie était essentiellement une entreprise agricole: elle récoltait son blé, son foin, son bois, produisait sa viande…. Et vendait le surplus, tout cela comptabilisé au plus juste. Elle touchait l’impôt des « donnats » ou « donats ». Ceux-ci se soustrayaient à l’autorité de leurs seigneurs laïcs ou ecclésiastiques et se « donnaient » au Temple dont ils recevaient protection, aide efficace et immédiate. Ce qui frappe dans la manière de procéder des Templiers, c’était la fermeté du dessein, c’était la continuité dans l’action, l’habileté et la patience pour rassembler des biens épars et constituer des exploitations rentables plus faciles à cultiver, autrement dit leurs méthodes de remembrement. De même ils déboisaient, quand il le jugeait opportun, ils aménageaient des étangs et drainaient les camps inondés.

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Comment un homme rentrait-il au Temple ?

En entrant au Temple, l’homme riche voulait apporter quelque bien, une sorte de dot. On comprend aussi ceux qui donnaient en se réservant d’être admis au Temple in extremis et dont le cadavre recouvert du manteau blanc serait inhumé dans le cimetière templier. Mais les autres ? Il faut rappeler une fois encore, combien en ce temps-là, la foi était profonde et ardente, vécue, mêlée aux actes quotidiens, combien présente la crainte de l’enfer et du démon et combien fort l’espoir du paradis! La donation, quand elle avait un caractère gratuit, procédait, directement ou non, du concept religieux, même quand on se donnait par admiration pour les Templiers.

On leur faisait un don par charité chrétienne, puisqu’ils se disaient pauvres chevaliers du Christ, et que de fait, aucun d’eux ne possédait rien en propre. Il arrivait que les donateurs, tout en désirant s’acquérir des mérites spirituels et dans l’espérance de profiter des prières du Temple, n’avaient pas les moyens d’aliéner un bien sans compensation. Dans ce cas, la charte devenait une donation-vente: donation pour une partie et vente pour le reste moyennant versement d’une indemnité. Il arrivait aussi que le donateur retint un droit ou un loyer, et la donation devenait alors une sorte de bail emphytéotique. En d’autres cas, la donation, de nos jours, paraît recouvrir un prêt garanti par un bien foncier, et ressemble à un prêt hypothécaire. Mais le terme de donation recouvrait également un bail à cens (cession d’une terre contre un loyer en argent ou en nature), ou même un acte d’échange, ou l’acte singulier qui consistait à donner un serf, sa famille, sa maison et son jardin, ou plus exactement les droits que l’on pouvait détenir sur cet homme et que l’évolution sociale avait amoindris au XIIIe siècle.

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L’Ordre du Temple fut aboli en 1312 par le roi de France, Philippe le Bel et le pape Clément V qui, au rapport de Saint-Antonien, archevêque de Florence, faisait un scandaleux trafic des choses saintes. Leurs richesses, leur indépendance et leur autorité inspirèrent de la jalousie au roi, qui obtint l’assentiment du pape. Le 13 octobre 1307, les Templiers de France furent arrêtés et jugés. Le grand maître de l’Ordre, Jacques de Molai, fut obligé de répéter en public les aveux que la peur lui avait arrachés. Il fut brûlé sur le terre-plein du Pont-Neuf, à la place où depuis s’élève la statue de Henri IV. Quelques jours avant, 54 Templiers avaient subi le même supplice derrière l’abbaye St-Antoine à Paris, environnés de flammes, tous protestèrent de leur innocence jusqu’au dernier moment.